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Tous Végétariens ?

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inter-admin
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Inscrit le : 22 Juin 2005
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MessageSujet: Tous Végétariens ?   Ven 14 Déc - 18:46

Tous Végétariens ?

carnivores ou végétariens? en ces temps d’insécurité alimentaire, cette question mérite d’être regardée de plus près.

Il faut ½ hectare pour produire 10 tonnes de pommes de terre et la même surface pour produire 70 kilos de bœuf et de 7 à 16 kg de céréales, pour produire un kilo de viande.

Il faut 30 000 à 60 000 litres d’eau pour produire 1 kilo de viande de bœuf, et 800 litres seulement d’eau pour produire 1 kilo de blé.
Un boeuf fournit 200 kg de viande, soit 1.500 repas. Les céréales qu’il a mangé auraient pu servir 18.000 repas.

En effet, près de 50% de toutes les récoltes alimentaires dans le monde sont consommées par le bétail, et 64% des terres cultivables du monde servent à la production de viande (pâturage et fourrage).
Le bétail des pays riches consomme autant de céréales que les Indiens et les Chinois réunis.

Une logique s’impose, si nous voulons que toutes les richesses de notre planète puissent être partagées par tous, il faut commencer peut être à manger moins de viande.

Plus de 50 millions d’enfants meurent de faim chaque année.
Vous allez me rétorquer que les élevages ne sont pas fait pour les chiens.

Mais, savez vous qu’un porc reçoit plus de 80 produits différents (antibiotiques & co) avant d’être abattu, et que les producteurs de volailles, de porcs, de bovins et de poissons utilisent au Canada plus de 20.000 tonnes d’antibiotiques par an.

Il est à craindre qu’en France nous ne fassions pas mieux, voire pire, puisque malgré tout, 80% des animaux élevés en batterie sont malades.

Il y a d’autres conséquences : les excréments de bétail représentent 110 tonnes par seconde pour les USA et l’Europe : cela entraîne 50% de toute la pollution des nappes phréatiques du monde.

Bien sûr, nous pourrions nous tourner vers le poisson, mais il faut se rappeler que les prélèvements dans nos mers et nos océans en ont fait disparaître de façon drastique les populations.

Alors consommons du poisson d‘élevage, mais ce serait oublier qu’une ferme de saumons de 8 hectares aux USA produit autant de déchets qu’une ville de 100.000 habitants.

En Thaïlande, 120 000 tonnes de crevettes ont été produites en 5 ans en région marécageuse, ce qui a ravagé les marécages en détruisant 800.000 tonnes d’autres espèces.

Bon, imaginons que vous soyez convaincus et américain et que vous deveniez végétarien ?

D’autres problèmes vont surgir car plus de 75% des terres arables qui existaient lorsque les Européens colonisèrent l’Amérique ont disparu, et que 5 espèces végétales sont définitivement perdues chaque jour : environ 97% des variétés de légumes qu’on trouvait habituellement sur la liste du ministère de l’Agriculture des Etats-Unis sont maintenant considérées comme disparues.

Dans le monde une trentaine d’hectares de forêts sont détruites chaque minute.

D’ après Richard Beliveau, chercheur en cancérologie, « la consommation de légumes pourrait nous sauver du cancer : tout vient d’un déséquilibre entre oméga 3 et oméga 6. Ce dernier étant 20 fois plus présent que le précédent, or ces oméga 3 sont dans les fruits et les légumes ».

A condition que ces fruits et légumes ne soient pas bourrés de pesticides, nous serions peut-être sauvés du pire.

Les choux empêchent les substances cancéreuses, d’attaquer nos cellules, l’oignon diminue le risque de cancers digestifs, le soja contre le cancer du sein, le curcuma contre celui de l’appareil digestif, et de la peau, les fruits rouges contre les tumeurs cérébrales, les poissons gras, les graines de lin, les noix, les tomates contre celui de la prostate, du sein, les agrumes pour éviter cancers de l’œsophage, du larynx, du pharynx, de l’estomac, et le vin rouge contre le cancer du sein, du colon de l’œsophage.

« Allez patron, remettez moi çà ! » car comme disait un vieil ami africain : « les morts n’ont pas de bouche ».

olivier cabanel
http://www.naturavox.fr/article.php3?id_article=2847
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Inscrit le : 22 Juin 2005
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MessageSujet: Re: Tous Végétariens ?   Ven 14 Déc - 18:50

Fondements éthiques pour une alimentation végétarienne

Dans quelques mois va paraître en France, chez L’Harmattan, la traduction de l’ouvrage "Leischenschmaus", du philosophe autrichien Helmut Kaplan. Cet ouvrage, qui a fait grand bruit dans le monde germanique, fonde éthiquement le choix de vie végétarien. Le traducteur est Cyril Taffin de Tilques, et le titre français sera "Fondements éthiques pour une alimentation végétarienne". En avant-première, un extrait consacré à l’explicitation du principe d’égalité, et à ses implications.



Principe d’égalité


Pour comprendre toute la portée et toute la force de la philosophie du mouvement pour les droits des animaux, nous allons maintenant expliquer ce qu’il faut entendre par « principe d’égalité ». En effet, ce principe ne cesse de donner lieu à de graves méprises, et, pour prévenir les deux malentendus les plus fréquents, nous commencerons par préciser ce qu’il n’est pas.


Le principe d’égalité appliqué aux humains ne signifie pas qu’ils soient tous égaux, au sens où ils seraient identiques. Face aux différences nombreuses et évidentes qui existent entre les être humains, il serait d’ailleurs parfaitement absurde de prétendre quelque chose de pareil ! Il y a des vieux et des jeunes, des bien-portants et des malades, des extravertis et des introvertis, et ainsi de suite.


Dans le même ordre d’idée, le principe d’égalité ne prétend pas davantage que les hommes et les animaux sont égaux. Les animaux et les hommes ne sont pas plus égaux que les hommes ne le sont entre eux.


Le principe d’égalité ne signifie pas non plus que les hommes doivent tous être traités de la même façon, c’est-à-dire de manière identique.


Les vieux et les jeunes, les bien-portants et les malades, les introvertis et les extravertis ont respectivement des intérêts différents, lesquels requièrent et justifient un traitement différent.


C’est ainsi que les pensionnaires des maisons de retraite n’ont pas besoin de bac à sable, tandis que, de leur côté, les enfants n’ont pas besoin d’ascenseur pour aller au premier étage. Les personnes valides n’ont pas besoin de fauteuil roulant, tandis que les tétraplégiques n’ont pas besoin de survêtement pour faire du jogging, et ainsi de suite.


Pour la même raison, le principe d’égalité n’exige pas non plus que les hommes et les animaux soient traités de la même manière. À l’instar de ce qui se passe entre êtres humains différents, les hommes et les animaux ont des besoins différents, lesquels nécessitent un traitement différent.


Les animaux n’ont donc besoin ni de droit de vote ni de liberté de religion, tandis que, de leur côté, les humains n’ont que faire d’os à mâcher ou bien de griffoirs.


En bref, le principe d’égalité n’exige pas que des humains différents soient traités de manière identique, et il n’exige pas davantage que les animaux soient traités à l’instar des humains, car les besoins des individus diffèrent entre humains, et entre humains et animaux.


En revanche, le principe d’égalité exige la chose suivante : chaque fois que les humains et les animaux ont des besoins similaires, les uns comme les autres ont droit à un traitement égal et à une prise en considération égale de ces besoins, de même que différents humains, éprouvant les mêmes besoins, doivent être traités de la même façon. Tous les humains ayant besoin d’être convenablement nourris et logés, ce besoin doit être pareillement satisfait pour chacun d’entre eux. Et, du fait que les animaux sont tout aussi sensibles à la douleur que les humains, nous devons accorder la même importance et la même considération aux uns et aux autres dans leur intérêt à éviter la souffrance.


Racisme et sexisme


Le principe d’égalité permet de montrer concrètement pourquoi toute discrimination collective est injuste ; grâce à lui, on peut démontrer par exemple que le racisme est injuste et pourquoi il l’est.


Prenons la discrimination raciale des Noirs par les Blancs. Les Américains de couleur noire obtiendraient en moyenne des résultats moins bons que leurs congénères blancs lors des tests relatifs au quotient intellectuel. Quelles que soient les raisons à l’origine de cette présumée différence de performances, elle ne change rien au fait que les Noirs et les Blancs ont fondamentalement et en moyenne les mêmes besoins. Les besoins humains fondamentaux, qui sont de nouer des relations personnelles épanouissantes, d’être convenablement nourri et logé, le souci d’éviter les souffrances, de développer ses facultés physiques, intellectuelles et artistiques, de pouvoir mener des projets... ne sont nullement affectés par des différences de quotient intellectuel.


Quand ce n’est pas pour la séparation physique des Noirs et des Blancs, les racistes se prononcent pour la discrimination sociale des Noirs, en particulier dans le domaine de la formation. Une telle politique a pour conséquence que, dans ce domaine, les besoins des Noirs sont moins bien satisfaits que ceux des Blancs. En d’autres termes, les racistes veulent mettre en place un système où les besoins similaires des Blancs et des Noirs ne sont pas pris en considération de manière égale. C’est la raison pour laquelle le racisme est foncièrement injuste.


Dans la même logique, le principe d’égalité permet de montrer que le sexisme est injuste et pourquoi il l’est. Des tests portant sur le psychisme des hommes et des femmes auraient fait ressortir des différences dont voici les plus significatives : les femmes auraient plus de facilités dans le domaine du langage tandis que les hommes sembleraient avoir plus de facilités dans le domaine des mathématiques. Par ailleurs, les hommes seraient plus agressifs que les femmes. Quelles que soient les raisons qui expliquent ces différences apparemment constatées entre les hommes et les femmes, cela ne change rien au fait que les hommes et les femmes ont fondamentalement et en moyenne les mêmes besoins. Car les besoins humains fondamentaux, qui sont de nouer des relations personnelles épanouissantes, d’être convenablement nourri-e et logé-e, le souci d’éviter les souffrances, le besoin de développer ses facultés physiques, intellectuelles et artistiques, de mener des projets... ne sont nullement affectés ni par une agressivité plus ou moins marquée ni par des capacités langagières ou mathématiques plus ou moins développées.


Les sexistes se prononcent pour la discrimination des filles et des femmes (au moins et surtout en ce qui concerne la formation et la vie professionnelles). Une telle politique a pour conséquence que les besoins des femmes sont moins bien satisfaits que les besoins similaires des hommes. En d’autres termes, les sexistes sont pour un système où les besoins similaires des hommes et des femmes ne sont pas pris en considération de manière égale. C’est la raison pour laquelle le sexisme est foncièrement injuste.


Le racisme et le sexisme sont des atteintes au principe d’égalité ; avec eux, les besoins similaires des Noirs et des Blancs, ainsi que ceux des femmes et des hommes ne bénéficient pas de la même considération. Ils ne sont pas pris également au sérieux. Le raciste dit : « Puisque tu n’as pas la même couleur de peau, tes besoins comptent moins. » Le sexiste dit : « Puisque tu appartiens à l’autre sexe, tes besoins sont de moindre importance. » Voilà bien ce qu’ont de scandaleux et d’irrationnel le racisme et le sexisme : pour justifier la discrimination d’un groupe donné, ils arguent d’un caractère sans aucune pertinence morale, à savoir, la couleur de la peau ou bien le sexe.


Spécisme [1]


Le principe d’égalité permet de montrer concrètement pourquoi le racisme et le sexisme sont injustes. Il permet aussi de montrer que notre comportement vis-à-vis des animaux se situe sur le même plan éthique que le racisme et le sexisme, et qu’il est tout aussi injustifiable. Par analogie avec les concepts de « racisme » et de « sexisme », on parle de « spécisme » quand on justifie l’absence de prise en compte des besoins d’autres êtres sensibles en invoquant le fait que ces derniers appartiennent à une autre espèce biologique.


La manière dont les humains se comportent avec les animaux témoigne en général d’une attitude spéciste. Le raciste dit : « Comme tu as une autre couleur de peau, tes intérêts sont de moindre importance. » Le sexiste dit : « Comme tu appartiens à l’autre sexe, tes intérêts sont de moindre importance. » Le spéciste dit : « Comme tu appartiens à une autre espèce, tes intérêts sont de moindre importance. »


Comme le racisme et le sexisme, le spécisme prétend justifier une discrimination en invoquant une caractéristique qui n’a pas de pertinence au niveau éthique, en l’occurrence l’appartenance à telle ou telle espèce biologique.


Qui plus est, le spécisme constitue une atteinte particulièrement flagrante au principe d’égalité. En effet, quand il s’exerce, ce sont les intérêts vitaux des animaux qui se voient foulés aux pieds. Prenons par exemple deux pratiques typiquement spécistes : la production de fourrure et la corrida. Les intérêts vitaux des animaux s’y voient complètement ignorés en faveur d’intérêts humains futiles et frivoles. Pour les animaux concernés, leur vie même est en jeu ; en revanche, pour les humains impliqués, il s’agit seulement de satisfaire leur vanité ou bien de se divertir. Il y a donc ici une différence radicale de traitement entre les humains et les animaux. La production de fourrure et la corrida sont bel et bien des atteintes criantes au principe d’égalité.


Examinons de nouveau les trois atteintes au principe d’égalité que sont le racisme, le sexisme et le spécisme, afin de mieux dégager leur socle commun. Qu’est-ce que le racisme, le sexisme et le spécisme ont d’injuste ? Qu’est-ce que l’esclavage, l’oppression des femmes et l’exploitation des animaux ont d’inique ? La réponse est la suivante : à chaque fois, une caractéristique physique donnée, à savoir la couleur de la peau, le sexe ou bien l’appartenance à une espèce biologique, sert de prétexte pour justifier une discrimination morale : « Comme tu es noir, nous avons le droit de te réduire en esclavage » ; « Comme tu es une femme, tu n’as pas besoin du droit de vote » ; « Comme tu appartiens à une autre espèce, nous avons le droit de t’enfermer, de te torturer et de te mettre à mort pour répondre aux objectifs les plus futiles ».


Le racisme, le sexisme et le spécisme opèrent donc un jugement de valeur moral en invoquant une caractéristique physique sans aucune pertinence. Cette constatation n’est pas nouvelle ; plus de deux siècles se sont écoulés depuis que le célèbre philosophe anglais Jeremy Bentham a mis en évidence la communauté de nature entre racisme et spécisme :


Les Français se sont déjà rendu compte que la peau foncée n’est pas une raison pour abandonner sans recours un être humain aux caprices d’un persécuteur. Peut-être finira-t-on un jour par s’apercevoir que le nombre de jambes, la pilosité de la peau ou l’extrémité de l’os sacrum sont des raisons tout aussi insuffisantes d’abandonner une créature sensible au même sort. [...] La question n’est pas « Peuvent-ils raisonner ? » ni « Peuvent-ils parler ? » mais « Peuvent-ils souffrir ? ».


De même, le Prix Nobel juif Isaac Bashevis Singer a écrit à juste titre : « Vis-à-vis des animaux, chacun de nous est un nazi... Pour les animaux, c’est tous les jours Treblinka. »


Le principe d’égalité met en lumière le fait que notre comportement vis-à-vis des animaux est moralement parlant tout aussi douteux que le comportement des racistes envers les Noirs, ou bien celui des sexistes vis-à-vis des femmes.


Quel que soit l’angle d’approche, la conclusion s’impose : le dépassement du spécisme et la libération des animaux ne le cèdent en rien aux autres mouvements de libération. Du point de vue logique comme du point de vue éthique, le spécisme se trouve sur le même plan que le racisme et le sexisme, et il est tout aussi injustifiable que ces deux derniers. De même que, par le passé, nous avons compris lentement mais sûrement que le racisme et le sexisme sont injustes, nous devons maintenant dépasser le spécisme.



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[1] Le spécisme est aux rapports humains/animaux ce que le racisme est aux rapports Blancs/Noirs, ou encore le sexisme aux rapports hommes/femmes.

EVB Alter
http://www.naturavox.fr/article.php3?id_article=2812
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