| | Faim - Les raisons d'une crise alimentaire mondiale | |
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Inscrit le : 22 Juin 2005 Messages : 1516
 | Sujet: Faim - Les raisons d'une crise alimentaire mondiale Mar 27 Mai - 17:06 | |
| Faim - Les raisons d'une crise alimentaire mondiale Les récentes émeutes de la faim qui ont éclaté dans plusieurs pays du tiers-monde depuis septembre 2007 ont fait réagir les organisations internationales, les gouvernements et les ONG, qui désormais se mobilisent face aux risques de troubles politiques et sociaux liés à la flambée des prix agricoles. En trois ans, ces derniers ont progressé de 80% en moyenne. 850 millions de personnes souffrent de faim dans le monde. 820 millions d'entre elles vivent dans les pays en développement.
Entre autres denrées touchées par l'augmentation des prix, le blé (le cours mondial a progressé d'environ 55% fin 2007 par rapport à 2006), le riz (hausse de près de 30% entre 2005 et 2007), les produits laitiers (les cours ont progressé de 120% entre septembre 2006 et septembre 2007). La FAO, l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, appelle les dirigeants mondiaux à une conférence de haut niveau du 3 au 5 juin à Rome sur la sécurité alimentaire mondiale et la réduction de la pauvreté dans le cadre du changement climatique et de la sécurité énergétique pour tenter de résoudre cette crise. Origines de la crise Les effets de la libéralisation. Les subventions agricoles et le dumping en Europe et aux Etats-Unis ont fait baisser les revenus des paysans des Etats du Sud. En réaction, les pays pauvres ont eu tendance à privilégier les productions agricoles pour l'exportation. Les cultures vivrières ont été abandonnées. Les bouleversements du climat. Les changements climatiques nuisent à la santé et à l'alimentation. Ainsi les sécheresses exceptionnelles en Australie, les cyclones (exemple la Birmanie, le Bangladesh), les grandes catastrophes, la raréfaction de l'eau et la désertification ont fait chuter de plus de 50% les exportations des denrées alimentaires.
L'Afrique et l'Asie sont particulièrement touchées par l'érosion, l'épuisement des sols, la déforestation, l'accroissement de la population urbaine. Les pénuries d'eau touchent également l'Europe et principalement l'Espagne. Augmentation de la consommation mondiale
La Chine, l'Inde, deux pays émergents en pleine croissance, ont modifié leurs habitudes alimentaires en devenant de gros consommateurs de viande et de céréales. Selon la FAO, la consommation de viande, par habitant, en Chine est passée de 20 kilos à 50 kilos par an. La forte demande en fourrage pour animaux explique aussi la pénurie de céréales. Ainsi, 80% de l'alimentation animale proviennent des cultures (maïs, soja). De plus, le coût des transports a augmenté, lié à la flambée des prix du pétrole. Les biocarburants. Les pays riches se sont lancés dans la course aux biocarburants. Les pays producteurs de maïs ou de colza ont ainsi sacrifié des terres arables et détourné du marché alimentaire des hectares de cultures désormais consacrés à la production d'énergie « verte ». Le cours du maïs, utilisé pour l'éthanol, a doublé en deux ans. Selon la FAO, 100 millions de tonnes de céréales - souvent subventionnées - sont nécessaires pour fabriquer de l'éthanol ou du biodiesel. Les deux géants de cette production étant le Brésil et les Etats-Unis. La spéculation. La spéculation des fonds d'investissement sur les matières alimentaires (soja, blé, maïs, riz) et les marchés agricoles. Une valeur refuge après la crise dans l'immobilier aux Etats-Unis. Facteur aggravant. La hausse du pétrole augmente le prix des importations à cause du transport.
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Inscrit le : 22 Juin 2005 Messages : 1516
 | Sujet: Re: Faim - Les raisons d'une crise alimentaire mondiale Mar 27 Mai - 17:12 | |
| Les émeutes de la faim qui sévissent en Haïti, en Egypte, au Cameroun, en Bolivie, au Mexique, en Indonésie, au Bangladesh et ailleurs illustrent le tragique manque de prospective de nos élites économiques, qui ont ignoré tous les signes avant-coureurs de la montée des prix des denrées alimentaires. « Le plus surprenant, c’est l’explosion de la demande des pays émergents comme la Chine et l’Inde », s’étonne ainsi Bernard Hervieu, secrétaire général du Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes (Ciheam), dans Le Monde du 13 avril 2008. Cette absence d’anticipation explique qu’aucune mesure n’ait été mise en place pour garantir la stabilisation des marchés agricoles. Ainsi, les autorités chinoises ont laissé les surfaces cultivées en riz diminuer de 3 millions d’hectares en dix ans, provoquant une baisse des stocks de plus de 60 millions de tonnes durant la même période. Il fallait laisser faire le marché, disait-on au sommet d’institutions économiques réputées. Les mêmes s’indignent aujourd’hui de voir les spéculateurs à l’oeuvre ! Depuis décembre 2007, le prix du riz « paddy » a en effet grimpé de plus de 75 %. Cette augmentation est difficilement imputable à l’essort récent des biocarburants puisque selon les dernières estimations de la FAO, la production de riz a atteint un niveau record de 665 millions de tonnes ! Pourtant, qui pouvait ignorer que la conjonction entre l’augmentation de la population mondiale et la demande solvable croissante en nourriture à base de viande entraînerait une explosion des prix alimentaires ? Et donc qu’il était toujours d’actualité de produire plus ?
Face à cette impérieuse nécessité, certaines voix s’élèvent pour assurer que la solution réside au contraire dans la sobriété. Il faudrait réduire notre consommation, notamment de viande, préconisent-elles. Pour les adeptes de la Décroissance, c’est l’occasion de ressortir les thèses de l’économiste altermondialiste Jeremy Rifkin. En 1993, ce dernier s’indignait déjà, dans son livre Beyond Beef [1], de voir un milliard de boeufs, vaches, veaux et moutons destinés à l’abattage vivre sur terre, et 25 % des terres cultivées de la planète utilisées pour leur alimentation. Pour sa part, la primatologue Jane Goodall, renommée pour ses travaux sur les chimpanzés, dénonce dans Le Monde du 29 février 2008 notre « boulimie occidentale de viande ». « Nous pouvons tout à fait nous passer de viande », affirme la militante de 73 ans, qui conjugue défense du bien-être animal et critique de l’agriculture intensive au point de croire que « les animaux ont une aversion naturelle pour les OGM ». « Les oies sauvages ne vont jamais dans les champs de colza à graines modifiées. En Amérique, des éleveurs ont constaté que les vaches préfèrent le maïs naturel au maïs Bt, les porcs dédaignent les rations OGM.Quant aux ratons laveurs, ils dévastent les champs bio, pas les autres », expliquet- elle, persuadée que l’agriculture biologique est et sera suffisante pour nourrir la planète. Toutefois, la primatologue se garde bien de tout discours malthusien. Ce qui n’est pas le cas de David Nicholson-Lord, un chercheur à l’Optimum Population Trust qui affirme qu’« il y a tout simplement trop d’habitants aujourd’hui sur la planète ». Selon lui, « si les 6 milliards d’habitants vivaient avec un mode de vie occidental modeste basé entièrement sur des énergies renouvelables, on aurait encore besoin de 1,8 planète ».
http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article355 |
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